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La crise intellectuelle : Il était une fois des philosophes et des penseurs universels, Bourdieu, Deleuze, et d’autres qui, par la profondeur de leurs pensées ont apporté au monde des éléments de réflexion et des concepts novateurs ; ils ont formé, inventé et créé des concepts nouveaux qui leur ont survécus et qui sont actuellement enseignés dans les lycées et universités.
Malheureusement, depuis les années 80, la marchandisation de la pensée et sa médiatisation ont permis l’émergence d’une industrie nouvelle, celle de la pensée creuse et éphémère vendue par des maquignons du prêt-à-penser.
Les années 80 représentent la fin d'une époque dans l'histoire des intellectuels. Un rêve était en train de disparaître : celui, énoncé par les philosophes des Lumières, d'une société idéale, garante du bonheur humain, une société qui serait conçue par la raison humaine et qui verrait le jour grâce à la créativité et le travail des hommes.
Les intellectuels ont cessé d'être des « législateurs », c'est-à-dire ceux qui écrivent les feuilles de route censées mener à cette société idéale.
Les intellectuels, aujourd’hui, semblent vouloir disparaître de la scène, plonger dans l’anonymat et se rendre invisibles. Et il est rare que les intellectuels réussissent à paraître menaçants. Un grand nombre des activités, orientées socialement, que développent les intellectuels sont en train de devenir, ces dernières années, invisibles, imprésentables, quasiment occultes.
Les intellectuels qui, au XVIIIe siècle, avaient cru pouvoir établir les lois d’organisation et de développement de la société trouvent refuge, à la fin du XXe siècle, dans la théorie de la connaissance comme interprétation. Aujourd’hui, depuis quelques décennies, dans un horizon défini comme postmoderne, les intellectuels ont renoncé à être une élite qui juge, qui non seulement doit mettre au point des connaissances, mais aussi proposer des valeurs et des modèles sociaux.